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Enseignements et interrogations sur les modes d’intervention en microfinance tirés de l’analyse du portefeuille du CIDR

 

Auteur : CERISE

Titre : Enseignements et interrogations sur les modes d’intervention en microfinance tirés de l’analyse du portefeuille du CIDR - Peer Review (Revue des Pairs) - Propos d’étape

Sujet : Ce document élaboré par les membres de CERISE dresse le bilan des projets du CIDR liés à la microfinance. Les trois modèles élaborés par le CIDR sont analysés (Caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées ; Cellules nationales ; Institutions de crédit solidaire) et des enseignements sont tirés pour la stratégie d’intervention à moyen terme.

Date de publication : Décembre 2003

Financement : CERISE (CIDR, CIRAD, GRET, IRAM)

Depuis trois ans, les membres de CERISE (CIDR, CIRAD, GRET, IRAM) ont décidé de travailler en réseau autour des problématiques liées à la microfinance. Récemment, ils ont convenu d’engager un processus de revue croisée de leur portefeuille respectif de projets de microfinance en vue d’en tirer les enseignements pour la définition de leur stratégie d’intervention à moyen terme. La première « revue de pairs » concerne le CIDR et elle est rapportée dans le présent document.

Analyse des caisses villageoises (CVECA), des cellules nationales et des institutions de crédit solidaire (ICS)

La revue rappelle les caractéristiques du modèle « caisses villageoises d’épargne et de crédit autogérées » (CVECA) élaboré par le CIDR : il repose sur des principes privilégiant la décentralisation et l’autogestion ainsi que sur la mobilisation de l’épargne.

Au niveau des acquis du modèle, il est signalé que les CVECA ont pu s’adapter à des contextes différents : zone pauvre à forte cohésion sociale, sans expérience antérieure notable de crédit ; zone très monétarisée, plus hétérogène avec un lourd passif de crédit et des concurrents ; zone pauvre mais avec un rôle important de la migration. De plus, le montage institutionnel original a notamment conduit à une bonne insertion de ces insitutions de microfinance (IMF) dans le marché financier. Enfin, l’équilibre financier des réseaux de CVECA est atteint sur une période de 8 et 10 ans.

Au niveau des limites, la revue relève plusieurs points : les contraintes de la cohésion sociale et de l’échelle villageoise ; la fragilité de l’équilibre financier ; la difficile mutation du projet vers l’entreprise privée liée à la création du Service Commun (SC) (externalisation des services techniques) ; les risques liés à la gouvernance ; les limites liées à l’autonomie.

Dans son portefeuille de microfinance, le CIDR a aussi mis en place les « cellules nationales » de promotion de CVECA lorsque est apparu l’enjeu d’un mode de diffusion permettant de réaliser des économies d’échelle. Le bilan de cette approche faisant intervenir des partenariats locaux paraît mitigé : de multiples problèmes ont été rencontrés et le CIDR a pu constater que cette approche ne permettait pas les économies d’échelle attendues car l’appui et le suivi sont plus longs que prévu. Par contre, la cellule nationale comme préfiguration d’un appui permanent au "service commun" des CVECA apparaît comme cohérent et pertinent, pour sécuriser techniquement les réseaux et institutionnellement les SC.

En complémentarité du modèle des CVECA, le CIDR a mis en place le modèle « Institutions de crédit solidaire » (ICS) dont l’objectif est double : offrir des services financiers à des catégories de populations démunies, peu susceptibles de dégager de l’épargne et n’ayant pas accès au secteur bancaire ; intervenir dans des milieux « déstructurés » où n’existaient peu ou prou les solidarités communautaires nécessaires à la promotion du modèle CVECA.

La revue souligne l’avantage comparatif, du point de vue de la viabilité financière, des ICS implantées en milieu urbain : elles sont en effet favorisées par la proximité de la clientèle et les coûts de transport moindres en ville.

Mais il faut être vigilant dans la mise en œuvre d’ICS en milieu rural à cohésion sociale faible ou diffuse. De plus, l’analyse des ICS pose la question de la diversification et de l’adaptation des produits de crédit au fur et à mesure de l’évolution des institutions.

Enseignements

La revue conduit à la définition des conditions minimales pour l’approche participative utilisée dans la méthodologie du CIDR. Elle conseille aussi d’éviter de mettre en place un modèle dans des situations trop éloignées du contexte initial. Concernant le transfert de savoir-faire, il est préconisé de contractualiser avec des opérateurs fiables ouverts aux méthodes participatives.

La revue précise que l’adaptation à l’évolution de l’environnement doit s’inscrire dans la durée. Dans cette optique, un bon système de suivi-évaluation, le développement d’études socio-anthropologiques et la rigueur dans la réalisation d’études de faisabilité sont encouragés.

Dans la perspective de l’autonomisation et par rapport aux besoins durables d’appui, le CIDR devra négocier un changement délicat de perspective pour faire accepter un niveau national, initialement non prévu.

Enfin, dans les modes d’intervention, on ne doit pas choisir une région d’implantation en fonction du partenaire mais pour ses caractéristiques propres. Néanmoins, il peut se trouver un partenaire réunissant un certain nombre de critères, auquel cas, un contrat rigoureux doit être établi.

Le programme microfinance participative en Afrique de l’Est, dont le démarrage date de 2003, illustre déjà les options prises par le CIDR. L’approche choisie n’est pas une simple reproduction des méthodologies adoptées en Afrique de l’Ouest.

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Revue de pairs - Propos d’étape - Analyse du portefeuille microfinance du CIDR - 347.5 ko
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